A propos de PLAE

Aide-mémoire de la Mission d'évaluation mi-parcours du Programme de Lutte Anti-Erosive (PLAE), (Phase 2005 - 2009)

Le PLAE avait demand une valuation mi-parcours. La mission de trois consultants indépendants sest droule du 27 aot au 19 septembre 2007 au bureau de l'Unité de Coordination, au Centre de Formation et dans les trois antennes de Marovoay, Soavina et Bezaha. L'équipe tait compose de M. Harald Lang. M. Dieter Nill, Mme Zoary Rafransoa et accompagne de M. Olivier Andrianasolo, point focal du PLAE auprs du MAEP. Des entretiens ont été menés avec les diffrentes équipes du programme, les groupes cibles sur le terrain ainsi quavec les différents partenaires nationaux et internationaux du programme au niveau national et régional. Les résultats ont été restitus dans les trois antennes et lors des restitutions la fin de la mission l'équipe dirigeante et au MAEP. Les consultants remercient l'équipe du PLAE et les différents partenaires pour leur disponibilité et les entretiens ouverts et constructifs.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

1.1. Planification

La référence de base pour la Mission d'Evaluation a été la planification conceptuelle du programme élaborée fin 2004 pour la période 2005 à 2009 et documentée dans un cadre logique.
La stratégie d'intervention du PLAE suit une chaîne de retombées claire et cohérente :
Par l'appui du programme à la réalisation des mesures LAE, à l'amélioration des pratiques culturales agricoles et pastorales, à la Sécurisation Foncière Relative (SFR) et au développement des organisations paysannes (OP) ainsi que par l'institutionnalisation et la diffusion de l'approche et l'extension des zones d'intervention (Résultats attendus), les populations concernées aménagent les SBV de façon durable (Objectif du Projet) pour assurer l'exploitation pérenne des principaux périmètres irrigués (Objectif global).
A partir de cette planification conceptuelle, une planification opérationnelle pluriannuelle (2005 – 2009) a été élaborée qui sert de base pour l'élaboration des Plans de Travail annuels (PTA) au niveau de l'Unité de Coordination (UC), le Centre de Formation (CF) et des équipes dans les zones d'intervention (antennes).
Le cadre logique ainsi établi à partir de cette stratégie présente des résultats qui ont été élaborés sur la base des situations vécues dans l'antenne 1.
Ainsi la planification opérationnelle de la première antenne à Marovoay, a été répliquée presque de façon schématique dans les plans d'opérations pluriannuels des antennes créées respectivement à Soavina et Bezaha en 2005 et 2006, avec une répartition des indicateurs quelquefois différente avec la réalité de chaque antenne :
il en découle une adaptation insuffisante de la planification aux spécificités agro-écologiques des antennes.
Par ailleurs, la planification oriente déjà le programme sur une approche communautaire qui n'est pas forcément appropriée pour toutes les situations.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

1.2. Cohérence avec les politiques nationales

Les objectifs et la démarche adoptée par le PLAE sont en cohérence avec les différentes politiques nationales liées au développement rural en général, et la gestion des ressources naturelles en particulier. Cette cohérence est évidente notamment avec les visions et politiques suivantes :

  • MAP : Le Programme apporte son soutien à la mise en œuvre du Plan d'Action de Madagascar (MAP) à travers le défi N°3 « lancer une révolution verte durable » de l'engagement N°4 « Développement rural » et à travers le défi N° 2 « Réduire le processus de dégradation des ressources naturelles » de l'engagement N°7 « Prendre soin de l'environnement ».
  • PNDR, PGEMAEP et PDAEP : Le Programme de Lutte Anti Erosive II répond à l'orientation N° 4 « la valorisation des ressources naturelles et la préservation des facteurs naturels de production » dans un de ses axes stratégiques « gestion durable des eaux et des sols » du Programme National de Développement Rural par ses appuis techniques et organisationnels, est appelé à contribuer à l'amélioration de la production rizicole dans la Politique Générale de l'Etat du MAEP en 2007 et participe également à la mise en œuvre du Programme de Développement de l'Agriculture de l'Elevage et de la Pêche dans le cadrage global des dépenses à moyen terme 2007-2011 du MAEP dans l'atteinte de ses objectifs de diversification des activités rurales.
  • LPBVPI et guide des interventions BVPI : Les objectifs du programme sont conformes avec la Lettre de Politique BVPI, et la démarche adoptée est également conforme aux instructions du guide des interventions sur BVPI avec cependant un fort accent sur la lutte anti-érosive. Cette conformité nécessite cependant que les interventions sur les périmètres dominés soient effectivement prises en charge par d'autres intervenants.
  • Lettre de Politique Foncire (LPF) : Les objectifs du programme sont également conformes avec la Lettre de Politique Foncière, mais la Mission identifie la nécessité pour le programme d'approcher le Programme National Foncier (programme du même ministère de tutelle) pour trouver les formules les plus adaptées aux régions d'intervention, et non seulement avec les bailleurs/programmes intervenants qui agissent en agences d'exécution de ce programme.
  • Nouvelle Politique Forestière et PE III : Les objectifs sont également conformes, notamment pour les interventions sur Bassins Versants de cette politique forestière, mais le programme se doit d'explorer aussi les législations existantes sur les reboisements, notamment en terme de sécurisation foncière des espaces communautaires de reforestation (soit par transfert de gestion, soit par réserve foncière de reboisement).
    En outre, le PLAE s'intègre entièrement dans la Stratégique de Partenariat Germano-Malgache Orienté pAar la Politique de l'Environnement, la Protection et la Gestion durable des Ressources Naturelles.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

2. REALISATIONS ET RESULTATS ATTEINTS

L'approche participative préconisée par le programme pour la mise en œuvre de ses activités se heurte à deux niveaux de contraintes :

  • En terme d'envergure de réalisations, l'approche est lente et ne permet pas la diffusion rapide à grande échelle, alors que l'érosion, entraînant ensablement et dégradations, évolue très rapidement.
  • Il est difficile de mobiliser des individus pour des intérêts communautaires sans contrepartie directe pour les efforts et le temps de travail investis. Il est vrai pour certains membres des Structures LAE et des OP que des bénéfices sont attendus, mais à plus long terme.

Ce dilemme se manifeste différemment suivant les antennes actuelles, mais freine les activités surtout dans l'antenne de Marovoay.

Par ailleurs, la Mission a eu l'impression que l'approche participative à tendance très communautaire dans son application accentue encore ce dilemme. De l'autre côté, l'approche participative est un élément essentiel pour la pérennisation des actions et la durabilité des acquis.
Afin de stimuler la motivation des populations, des mesures d'incitation (notamment la construction ou réhabilitation des puits) sont réalisées. Ces investissements sont coûteux, mais répondent à des intérêts fondamentaux des populations, notamment des femmes. La mobilisation d'une participation de 30% exigée par le PLAE, pose parfois des difficultés.
En outre, le PLAE doit suivre, et, le cas échéant, appuyer la gestion des investissements incitatifs. Il est vrai que ces mesures d'incitation créent des bénéfices directs pour les communautés, mais ont ses limites pour résoudre la problématique de l'approche participative mentionnée ci-avant.

2.1. Résultat 1 : Application et diffusion des mesures LAE

La plupart des indicateurs quantitatifs du résultat 1 pour la première phase 2005 – 2009 ont été atteints et dépassés. Seulement ceux des nouveaux sites d'A1 restent inférieurs aux prévisions (20% d'atteinte des cibles pour la phase).
Le paquet des techniques physiques et biologiques LAE du PLAE permet d'arrêter l'érosion linéaire (ravins, lavaka) et en nappe d'une façon efficace. Il est appliqué avec une bonne technicité par les Structures LAE avec le support des équipes des antennes. Cette technicité est améliorée continuellement par les experts qualifiés de l'Unité de coordination (UC).
L'approche du PLAE d'élaborer d'abord des plans de travail annuel avec les Structures LAE est appropriée pour démarrer les activités. Avec l'évolution des connaissances des Structures LAE l'élaboration par la suite d'une planification de gestion de terroir avec des interactions des groupes concernés est une suite logique.
Les travaux sont effectués par 183 Structures LAE qui ont été initiés ou qui existaient déjà (A1 : 120 Structures LAE dont 97 anciens, A2 : 47 Structures LAE, A3 : 16 Structures LAE).

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

Le reboisement qui fait partie des mesures LAE est une activité très appréciée dans les trois antennes. Actuellement 290 ha ont été reboisés dans des sites d'érosion. Une diversité d'arbres est activement promue et vulgarisée aux Structures LAE qui traditionnellement préfèrent une plantation uniforme d'eucalyptus. Les pépinières sont mises en place par les Structures LAE dès la première année. L'applicabilité de la démarche communautaire n'est pas vérifiée dans tous les cas (plutôt dans le contexte collectivités).

La diffusion d'arbres fruitiers a aussi commencé en promouvant le greffage. L'objectif des arbres fruitiers n'est pas directement lié à la LAE mais est un facteur motivant, car ils répondent aux priorités des femmes.

La collaboration avec des écoles dans la LAE est prometteuse et les réalisations sont utilisées pour l'éducation environnementale.

Le programme intervient dans la sensibilisation contre les feux de brousse avec les communes et districts par radio.

L'approche PLAE semble fortement concentrée sur la lutte contre l'érosion en (i) identifiant les dégâts dans les rizières, (ii) cherchant les causes en amont et (iii) amenant des Structures LAE sur les sites en amont. Cette approche cause parfois une faible motivation des groupes de contact pour s'engager dans des situations sans bénéfices directs individuels (notamment A1, à voir en A3). L'éloignement des sites des lieux d'habitation, la démarche communautaire et le bénéfice peu direct limite l'adhésion des paysan(ne)s. Pourtant dans la plupart des cas, l'intérêt et l'adhésion sont liés aux effets directement visibles sur l'érosion, dès la première campagne. A l'antenne 2, quelques résultats extraordinaires ont été obtenus pour les mesures LAE, aussi bien en terme d'adaptation par la population de leur système d'entraide pour les travaux communautaires qu'en terme d'application de mesures LAE en taches d'huile.

L'approche tripartite en LAE - considéré incitative par l'équipe - limite les travaux LAE de grande envergure, mais sans bénéfices individuels à cause de l'exigence d'une participation de 30%.

Le transfert des connaissances en LAE se limite actuellement aux techniques simples (fascines, fossés, plantation des plants en courbe de niveau). Les techniques plus complexes ne font pas encore partie des formations.

Les actions de lutte contre les feux de brousse qui détruisent - notamment en A1 - parfois les aménagements et reboisements ne sont pas encore efficaces.

La collaboration avec les services techniques est très limitée à cause de l'insuffisance de ressources humaines à leur niveau.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

commandations :

Afin de renforcer la motivation des groupes et les impacts directs sur les ménages sans abandonner les objectifs de la démarche participative (qui ne veut pas forcément dire démarche communautaire), l'approche de sélection des sites et d'instauration des Groupes de Contact peut être adaptée davantage : (i) identifier les dégâts dans les rizières, (ii) identifier les sites causant l'érosion, identifier les groupes dans les environs et identifier un maximum de bénéfices individuels qu'on peut créer tout en luttant contre l'érosion. Les bénéfices directs individuels deviennent le premier facteur de motivation. La protection des rizières peut devenir l'objectif secondaire pour quelques groupes loin des rizières ou sans parcelles dans la rizière. L'aspect communautaire en ressortira plus naturellement lorsque les paysans auront adhéré collectivement aux travaux de la LAE avec bénéfice individuel. Une illustration de l'approche dans différentes situations est jointe en annexe. La sécurisation foncière individuelle est l'élément incitatif important dans tous les efforts.

Il est proposé de former quelques membres des groupes de contact comme aménagistes spécialisés connaissant toutes les techniques, y inclus la récupération des ravins et lavaka.

Afin de permettre plus de grands travaux LAE, l'approche tripartite dans la LAE peut être transformée dans une approche où le PLAE fournit la main d'œuvre qualifiée (aménagistes, ingénieurs) et les Structures LAE la main d'œuvre non-qualifié sous conditions HIMO contre paiement de 2/3 d'un taux journalier. La condition de « participation » sera ainsi respectée. Cette approche peut s'appliquer dans des situations d'intérêt public et permettra une intensification des travaux LAE d'envergure plus importante.

Il est proposé d'encourager davantage les groupes dans la lutte contre les feux de brousse organisée autour des reboisements par la formation des membres en lutte contre les incendies, par la vulgarisation des techniques de contre-feux précoce et des pare-feux ainsi que par une dotation de matériel nécessaire.

Une réflexion sur un renforcement de l'efficacité des travaux LAE, la motivation et la responsabilisation des groupes par une dotation en équipement plus généreuse devrait également être menée.

2.2. Résultat 2 : Mesures agricoles et pastorales intégrant la LAE

Les mesures agronomiques et pastorales ont une importance différente pour les trois antennes. L'élevage est très important pour les antennes A1 et A3. Les cultures pluviales sont importantes dans l'A2. A Bezaha (A3), les parcelles rizicoles irriguées sur colline auprès des sources prennent une importance du fait de la diminution des rizières disponibles dans la vallée et de l'ensablement des champs pluviaux sur Baiboho.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

2.2. Résultat 2 : Mesures agricoles et pastorales intégrant la LAE

65 Paysans Pilotes (PP) avec 21 ha de sites de démonstration ont été formés et collaborent avec le PLAE dans les trois antennes. Les mesures introduites auparavant sont les haies vives en courbes de niveau, les fossés d'infiltration, les billons cloisonnées et le paillage.

Depuis un an, le PLAE collabore avec le GSDM sur l'introduction du système SCV et 12 sites test ont été installés dans les antennes A1 et A2. Le système SCV promet une option valable à moyen et long-terme pour une partie des exploitations sur tanety.
Les visites d'échanges effectuées avec les PP et les membres des Structures LAE sont une mesure efficace pour introduire des nouvelles techniques.

Sur 900 ha de pâturages, une gestion améliorée a commencé dans l'A1 et 800 ha ont été identifiés dans l'A3. Dans l'A2, les zones de pâturages communautaires n'existent pas traditionnellement.

Les potentialités de diffusion à travers l'approche des parcelles de démonstration semblent limitées et le système SCV comme système cultural ne permet pas une diffusion rapide sur des superficies importantes. Le phénomène de tache d'huile attendu et préconisé par la démarche aurait du mal à prendre car son introduction demande une équipe technique très performante, des investissements initiaux côté paysans et une période d'installation de 2 à 3 ans avant que les effets sensibles se développent. Les tests entrepris par le PLAE ne permettent pas encore la distinction d'un système entier performant et adaptés aux conditions écologiques des antennes.

Une difficulté est ressentie par rapport à la gestion des aires de pâturages dans les antennes 1 (aire de transhumance) et 3 (aire de pâturage local), car ces aires sont éloignées, insécurisées et quelquefois appropriées individuellement. La boîte à outils pour la gestion complexe des pâturages est encore peu développée et l'insécurité dans A1 et A3 limitent les interventions dans ce cadre.

La collaboration intensive indiquée dans la planification avec les services techniques MAEP reste à un niveau relationnel néanmoins important, du fait de leurs moyens de fonctionnement très limités (humains, financiers).

Recommandations :

  • Pour la diffusion plus rapide de mesures agricoles rationnelles, il est propos dutiliser activement contre compensation les PPD comme formateurs paysans auprs des groupes intresss (p.e. Structures LAE, paysans intresss dans les villages dintervention, voir aussi les expriences ERI).

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

Recommandations :

  • Comme le système SCV dans son ensemble n'est pas encore assez testé pour une diffusion large, il est proposé de déterminer quelques éléments prometteurs avec GSDM en les couplant avec les mesures du PLAE déjà testées dans un paquet simple de vulgarisation (p.e. haies vives en courbe de niveau, fosses d'infiltration, paillage, billons cloisonnées, préparation et application de fumure organique). En même temps, les tests avec SCV, particulièrement en combinaison avec des mesures CES/DRS du PLAE, peuvent se poursuivre avec les PP pour développer dans une approche recherche-action de pôles d'innovation et de futures mesures d'intensification.
  • Pour améliorer la gestion des pâturages, il est proposé d'intensifier pour les zones à haute insécurité la production des pâturages à proximité des exploitations avec des plantations des plants fourragers et de soutenir des mesures de stabulation et de production de fumier. Cela demande dès maintenant une multiplication intensive des plantes fourragères auprès des paysans-éleveurs dans l'A1 et 3.
  • Il est proposé d'accompagner quelques mises en défens par un suivi écologique-participatif pour voir les changements des herbacées et ligneux avec le temps.
  • Une visite échange avec des projets de gestion des pâturages dans d'autres pays est recommandé afin de collecter d'autres expériences et méthodes en gestion des aires de pâturage extensif (p.e. conventions locales, régénération naturelle).

2.3. Résultat 3 : Sécurisation foncière

Les conditions cadre pour ces aspects de sécurisation foncière sont en cours d'amélioration grâce à la mise en œuvre du PNF. La sécurisation foncière est indéniablement un élément essentiel d'intéressement des paysans à la pratique des mesures LAE, aussi bien sur les terrains de culture que sur les zones prioritaires d'érosion. Les démarches SFR avancées dans la première antenne seront très utiles pour concrétiser la certification foncière à travers les guichets fonciers mis en place prochainement dans la zone grâce à l'appui du MCA, d'autant que le PLAE dispose de photo-orthoplans et de photos satellites.

Les actions de sécurisation foncière ne sont prévues cependant que combinées à des plans d'aménagement (GTV ou plan paysan par site prioritaire) pour une cible communautaire, alors que les priorités d'intervention des paysans se retrouvent sur des terrains individuels, même inclus dans un plan d'aménagement plus étendu.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

Si la logique de la démarche d'apprentissage de la planification est pertinente, à travers l'établissement de Plans Paysans progressifs avant la couverture d'un terroir par un plan de GTV, l'espace et la population gestionnaire concernés ne sont pas très clairs. La question est de savoir si le terme « villageois » du GTV désigne un espace ou une population.

Pour l'antenne de Bezaha, la sécurisation foncière ne semble pas être une préoccupation prioritaire des paysans. Le système de répartition des ressources en terre, du moins dans les zones basses, est encore très traditionnel et assuré par les Mpitakazomanga ou les chefs de lignage. Le besoin d'adresser cette problématique foncière est donc plus pertinent dans les zones de pâturage.

Recommandations :

  • Pour les zones de pâturage, il est proposé d'envisager un processus de transfert de gestion selon GELOSE, qui existe dans ce cadre, et qui permet de mettre en place avec la COBA (Communauté de Base qui représente l'ensemble de la population du terroir concerné) un plan d'aménagement et de gestion assorti d'un cahier des charges déterminant les droits et obligations de chaque partie qui sont la COBA, la commune, le service déconcentré compétent.
  • Une sécurisation foncière dans le cadre de plans d'aménagement et de gestion (PP ou GTV) ne devrait pas exclure les besoins individuels. Une alternative pourrait être de sécuriser le terroir concerné au niveau communal, avec un cahier des charges impliquant par la suite la détermination des zones communautaires et individuelles à sécuriser à l'intérieur de ce GTV, soit par transfert de gestion de reboisement, à travers les réserves foncières de reboisement, soit par certification foncière individuelle. Cela impliquerait, comme c'est déjà le cas dans certains terroirs des antennes, une gestion par plusieurs groupes qui auront à se concerter pour définir les droits et responsabilités de chacun. Dans cette optique, les grands dina trouvent leur place, qui reprendraient les termes des dina spécifiques à chaque zonage du GTV.
  • Si la collaboration de proximité est importante avec MCA dans les zones où des guichets fonciers existent, la mission recommande d'approcher systématiquement le PNF pour les concepts de sécurisation à mettre en place suivant les situations, ce programme étant ouvert à des partenaires de mise en œuvre opérationnelle, et non seulement de financement.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

2.4. Rsultat 4 : Des structures de gestion sont tablies

Jusqu'en juin 2007, 86 structures de gestion ont été mises en place (75% du nombre prévu pour toute la phase). 40 structures ont été formalisées (67% du nombre prévu). Dans la planification stratégique, une importance accentuée est donnée à la formalisation des organisations. Cependant, dans la situation actuelle, la formalisation administrative n'a aucun effet sur le fonctionnement et le mode d'action de la grande majorité des OP, et n'est en fait indispensable que pour l'accès à la sécurisation foncière communautaire.

Outre les structures villageoises mises en place par le PLAE, les équipes collaborent avec un certain nombre d'organisations existantes (AUR, APE, Association des Charbonniers, etc.). Dans la zone d'intervention de Marovoay, plus de 80% des organisations sont capables de gérer l'organisation de la LAE, et 37% des organisations ont la compétence d'exécuter les interventions sur sites de façon autonome.

Notons qu'il s'agit ici d'une autonomie technique partielle par rapport à la mise en œuvre des activités dans le cadre de la LAE (planification des aménagements, mise en place des pépinières, réalisations des mesures CES/DRS, etc.) et non d'autonomie financière et/ou socio-organisationnelle. Les informations sur le niveau de maîtrise socio-organisationnelle (résultats du SISO) ne sont pas encore disponibles. Cependant, une certaine maîtrise de leur organisation a été identifiée, issue de traditions familiales d'entraide, grâce à laquelle les paysans arrivent à définir eux même la taille de regroupement qui leur convient pour une meilleure vie associative.

Particulièrement dans les nouvelles antennes, les équipes se trouvent face à un dynamisme d'adhésion aux groupes impressionnant. Les groupes de contact créés augmentent vite en nombre de membres. Cependant, l'approche PLAE (information, sensibilisation, mise en place de groupes de contact) laisse supposer que le regroupement est une réponse en vue de bénéficier des appuis du PLAE.

Un certain nombre d'organisations LAE ont élaborés des petits dina pour réglementer la gestion des sites aménagés et des ressources naturelles, que quelques-unes ont même pu appliquer lors d'infractions avérées.

Recommandations :

  • La Mission recommande d'améliorer les compétences des équipes PLAE, notamment des Conseillers en Organisations Paysannes (COP) en appui au développement organisationnel (DO) des OP, afin qu'ils puissent mettre un accent particulier à l'appui au bon fonctionnement des OP et améliorer la gestion de la vie associative à un niveau correspondant aux besoins des objectifs du programme.
  • L'approche SISO, utilisée en priorité comme outil de DO des structures villageoises, doit être appliquée à plus grande échelle. En particulier dans les nouvelles antennes, la dynamique de l'évolution des groupes de contact doit être suivie de très près afin de réagir à temps à d'éventuelles déviations ou problèmes.
  • Il est également important pour les équipes de mieux valoriser les structures existantes, notamment traditionnelles (par une meilleure compréhension de leur fonctionnement notamment les systèmes d'entraide au niveau des familles élargies), pour la mise en place de ces structures de gestion. Le cas est moins évident dans l'antenne 1, où les migrations successives ont laissé un tissu social compartimenté et peu homogène en terme de pratiques.

2.5. Résultat 5 : Diffusion des expériences et développement du partenariat

Dans la planification conceptuelle, ce résultat concerne la gestion du programme (cf. chapitre 5), l'institutionnalisation du PLAE, la capitalisation et la diffusion des expériences, ainsi que les relations de partenariat avec d'autres acteurs.

L'institutionnalisation du PLAE

Bien qu'il s'agisse d'un résultat relativement important, l'institutionnalisation du PLAE n'apparaît dans la planification conceptuelle que sous la rubrique « détermination détaillée de l'indicateur » par rapport à l'indicateur de la gestion du programme par l'UC.

Durant le 1er semestre 2007, une ONG de lutte contre l'érosion et de gestion des ressources naturelles dans le District de Marovoay a été créée sous le nom Manatsara ny Tany sy ny Zava-maniry ho an'ny Vahoaka (MAZAVA). Les membres sont 78 organisations LAE, l'Association des Professionnels de la Lutte anti-érosive (APLAE, l'équipe PLAE actuelle) et les fondateurs (quatre cadres de l'UC !). La création de l'ONG est le résultat d'un processus de préparation assez long, commencé en 2003 et accompagné par des consultants externes.

L'institutionnalisation du PLAE

L'ONG est opérationnelle et juridiquement solide, mais sa structure est complexe et relativement lourde. Cette structure est issue d'un mariage entre la fonction de « prestataire de services », nécessaire à la structure pour l'atteinte d'une autonomie financière et la fonction de fédération pour la défense des intérêts des OP, en vue de poursuivre les activités et pérenniser les acquis du PLAE. La recherche de l'autonomie financière risque de faire évoluer la structure dans sa fonction de prestataire se faisant au détriment de son orientation d'appui aux OP.

Malgré la participation des organisations LAE intéressées, regroupées au niveau des Zones et Sous-Zones (délimitations du PLAE) sous forme de comités mis en place par les membres du comité préparatoire, la forte dominance de l'équipe PLAE pendant le processus d'institutionnalisation est perpétuée dans les organes de décision de l'ONG (majorité dans le Conseil d'Orientation et du Suivi, postes du président et du trésorier tenus par des membres de l'équipe PLAE), bien que cela aurait pu être évité. Les fonds mis à disposition de l'ONG par le PLAE sont gérés par le directeur de l'Equipe exécutive (le CE actuel antenne 1, nommé par le COS). L'ONG finance les frais associatifs avec les cotisations des membres.

Les accords cadre de partenariat et l'accord de démarrage avec l'UC, basés sur l'offre technique et financière de l'ONG - qui représente le PTA de l'antenne 1 avec son budget annuel, comme dans le passé, ont été validés en juin.

En termes réels, pour l'équipe PLAE, la transformation en ONG n'a pratiquement rien changé par rapport à son fonctionnement, la mise en œuvre des activités ainsi que ses relations avec les populations concernées. Les contrats de travail des agents PLAE n'ont pas encore été résiliés. Cependant, les relations hiérarchiques actuelles dans l'équipe PLAE ont été inversées dans l'ONG : le subordonné du CE dans l'équipe PLAE est son supérieur dans l'ONG, relation ayant une forte influence sur la prise de décisions au niveau de l'ONG.

La problématique est connue, et les réflexions sont menées au niveau de toutes les parties concernées.

Un rapport de capitalisation des expériences pour un site dans la zone de Marovoay est disponible, un autre est en cours de finalisation. Les rapports sont élaborés par les agents PLAE concernés avec l'appui de l'UC et du responsable du CF

La capitalisation suit un concept méthodologique élaboré par l'UC. Le premier rapport de capitalisation des expériences est très informatif et donne une description des interventions et des résultats atteints sur le site, décrivant bien l'historique du site. Pouvant valablement servir d'étude de cas, il est trop peu analytique par rapport aux expériences faites. La Mission propose d'orienter la capitalisation plutôt vers des analyses thématiques et transversales. Dans ce contexte, les conseillers techniques auront un rôle important et le cas échéant, un appui externe doit être mobilisé.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

Capitalisation et diffusion des expériences

Les documents et dépliants élaborés décrivant l'approche du PLAE et son concept d'intervention sont de bonne qualité et les informations sont diffusées à travers différents médias (distribution, publi-reportages, site web, participation aux conférences, expositions etc.). Le film du PLAE est un support d'information important.

Le PLAE a effectué un travail important de télédétection et de cartographie pour ses zones d'interventions. Deux consultants locaux et les équipes du PLAE ont été formés dans l'application des SIG et GPS. Pourtant, actuellement ce travail est seulement disponible au sein du PLAE.

Développement des relations de partenariat

Les recommandations du Ministère de tutelle pour l'implantation de nouvelles antennes en 2004, quant à la synergie attendue entre le PLAE et le programme ACORDS intervenant dans les deux provinces du Sud, ont été suivies, malgré le fait qu'à ce moment, les zones d'interventions de ce programme, ni même les investissements à mettre en œuvre n'étaient connus.

Ainsi, cette synergie attendue est actuellement partiellement atteinte sur l'antenne 2, avec la réhabilitation de la piste reliant les deux communes d'intervention de l'antenne par ACORDS. Par contre, malgré la demande exprimée par la grappe de communes autour du PI de la vallée de la Taheza, l'organe de décision de financement constitué au niveau de la Région, le Comité Régional d'Eligibilité Financière pour ACORDS (CREF), dont le DRDR est membre à part entière, n'a pas estimé cette requête comme étant prioritaire.

Ainsi, les perspectives de partenariat seraient pour ce programme le recours soit à des prestations de l'ONG Mazava pour les actions environnementales liées aux investissements, soit à des prestations du Centre de formation pour les paysans ayant demandé une infrastructure hydroagricole.

Les autres partenariats développés par le programme sont étroitement liés à des actions mises en œuvre sur le terrain, pour lesquelles des conventions assez générales sont soit signées soit en cours d'élaboration. Il s'agit d'une part des partenaires intervenant dans les recherches agro-écologiques (GSDM, ERI), soit ceux dont le partenariat découle directement de l'intégration du PLAE au Programme National Bassins Versants – Périmètres Irrigués (PN BVPI), soient l'AFD et la BM, en tant que partenaires intervenant dans les PI. En cela, le PLAE est plus avancé dans la mise en œuvre de ce PN BVPI, puisqu'il est opérationnel depuis déjà quelques années.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

Capitalisation et diffusion des expériences<

Notons que sur ce point, la notion d'intégration des différents intervenants dans le PN BVPI mérite d'être clarifiée et est encore susceptible d'évoluer. Les conventions avec les intervenants du PN BV-PI revêtent pour le PLAE une importance particulière. Pour la zone d'intervention de Soavina, les domaines d'action sont bien délimités avec la cellule du BVPI-HP-SE/AFD. Au ni¬veau de la Cellule de Coordination du PN BVPI, l'intégration stratégique et opérationnelle du PLAE dans le PN BV-PI mérite des réflexions plus approfondies.

La désignation du premier responsable régional du MAEP (DRDR) en tant que coordinateur régional d'un seul de ces intervenants rend hypothétique sa disponibilité à assurer la coordination de toutes les interventions dans les BVPI de la Région. Cela tendrait à confirmer le rôle prépondérant qu'aurait à jouer alors le DDR de la Région dans cette coordination des activités de développement rural de la région.

D'autres protocoles de collaboration sont conclus au niveau des antennes avec les partenaires locaux.

Recommandations :

  • Les faiblesses et les insuffisances identifiées de la structure de l'ONG, sources potentielles de conflits et problèmes dans l'avenir, et reconnues par les responsables de l'UC, amènent la Mission à recommander la prise de décisions opérationnelles urgentes dans les meilleurs délais, et de profiter du fait que l'ONG ait été retenue pour la mise en place du SISO pour que les changements stratégiques nécessaires soient définies et discutées dans ce cadre.
  • Dans le processus de mise en place du PN BV-PI, la Mission recommande à l'équipe de l'UC d'être proactifs lors de la définition des rôles et responsabilités des intervenants, le PLAE étant l'acteur le plus avancé dans la mise en œuvre des actions de protection des SBV, ceci afin de garantir que les efforts investis dans les différentes antennes ne soient diluées dans des interventions avec des démarches contradictoires. Ainsi, actuellement, l'UC devrait s'intégrer activement dans l'élaboration des schémas directeurs des interventions du projet BVPI BM en cours pour les antennes Marovoay et Andapa.
  • En vue d'une capitalisation et d'une diffusion des travaux du PLAE, Il est proposé de publier un atlas de cartes du PLAE avec CD-ROM pour pérenniser les travaux de télédétection et de cartographie et de les rendre disponibles à d'autres structures.

1. CONCEPTION ET PLANIFICATION

2.6. Résultat 6 : Extension progressive du programme avec l'appui dune structure de formation

Pour l'instant, l'extension du PLAE est basée sur la réplication des actions dans d'autres zones d'intervention.

Depuis le début de cette phase, deux antennes ont été mises en place et deux autres implantations identifiées, dans deux régions du Nord. Le partenaire de l'antenne de la région SAVA à Andapa est le projet BVPI-BM qui interviendra dans le PI. A Ambilobe-Ambanja, l'actuel PGDRN se positionne comme partenaire, dont le projet GREEN-MAD. Cependant, ce partenaire n'intervient également que sur les bassins versants, ce qui implique qu'il n'existe pas de complémentarité au niveau des périmètres irrigués dominés.

Le Centre de Formation

Le Centre de Formation (CF) du PLAE à Marovoay est opérationnel depuis fin 2005. Le centre peut accueillir un groupe de 16 participants, dont 12 peuvent être logés au niveau du centre même. Jusqu'à maintenant, 16 modules de formation d'une durée de 1 à 10 jours ont été élaborés (sur l'approche PLAE, les CES/DRS, le suivi et la cartographie). Depuis janvier 2006, 16 formations ont été organisées par le CF, dont 6 au niveau du centre même. 10 formations ont été organisées en dehors du centre de formation, en général au niveau des antennes. Le Chef du CF, quelques agents de l'équipe PLAE ainsi que des consultants externes servent de formateurs.

L'infrastructure du centre est bien appropriée pour la formation de techniciens et animateurs du terrain. Jusqu'à maintenant, le CF a servi pour la formation du personnel des antennes PLAE, mais a réalisé déjà deux formations pour le PGDRN. La plupart les agents des antennes ont suivi plusieurs modules de formation, et les agents de l'antenne 3 ont bénéficié de pratiquement toute la gamme des thèmes offerts par le CF.

Les participants sont en général très satisfaits avec les formations. Selon l'appréciation des participants, les objectifs des formations ont été largement atteints.

Au total, une soixantaine de personnes ont été formées. Au niveau du CF à Marovoay, 65 participants ont participé aux 6 formations réalisées jusqu'en juin 2007. La participation s'élève à environ 1200 H/J, ce qui donne sur la base de 200 jours de formations/an un taux d'occupation d'environ 30%. Le taux d'occupation du CF est donc encore faible, inévitable pour un début.

L'offre documentaire de la bibliothèque du CF est encore limitée et dans l'ensemble peu appropriée pour le groupe cible des formations. Il est important d'équiper la bibliothèque avec des documents pratiques répondant aux besoins des agents de terrain.

Les visites d'échange organisées pour les agents des équipes et des paysans intéressés sont un élément pédagogique très utile et servent à renforcer la motivation des acteurs à tous les niveaux.

Recommandations :

  • Il est recommandé de développer des modules de formation par rapport au développement organisationnel des OP afin d'améliorer les compétences des équipes PLAE et des représentants des OP. En outre, cette offre représente certainement un marché intéressant pour le CF, étant donné qu'il existe un intérêt spécifique par rapport à cette thématique qui ne semble pas encore être très développée à Madagascar. Notamment le PGDRN est intéressé par ces formations, mais également des acteurs comme le PN BV-PI et certainement d'autres organisations et projets devraient être intéressées.
  • Même si beaucoup de formations seront dispensées en 2008 pour les équipes des nouvelles antennes à mettre en place, la Mission recommande d'intensifier la recherche des clients par le Chef du CF et par l'UC, afin d'utiliser pleinement la capacité du centre.

3. LES IMPACTS

En général, les impacts visibles, et forcément ressenties par les paysans se trouvent sur les reboisements effectués, les mesures LAE mises en place proches des rizières touchées, l'augmentation des rendements et la récupération de rizières abandonnées ultérieurement. En effet, les mesures LAE permettent la révégétalisation des sites d'érosion au bout d'une à plusieurs années. Les terres sont récupérées comme terrains cultivés, boisés ou pâturés et les pertes de terres aux alentours sont freinées ou arrêtées. La productivité des terrains récupérés s'améliore progressivement. Dans quelques cas, les mesures LAE ont déjà un effet sur l'ensablement des rizières à l'A1 et l'A2. Sans connaître les superficies exactes, plusieurs paysans rencontrés confirment avoir récupéré leurs parcelles irriguées dans la rizière. Les arbres plantés dont le taux de survie est autour de 80% amélioreront la disponibilité de bois dans l'avenir.
La lutte contre les feux de brousse reste une activité difficilement intégrée par la population à court-terme comme le montre le nombre assez important des sites aménagés à l'A1 qui ont été touché par des feux de brousse. Néanmoins, on constate des efforts des Structures LAE à établir même spontanément des pare-feux ou contre-feux dès qu'il y a un intérêt spécifique p.e. autour des plantations.
L'envergure des sites d'érosion ainsi que la quantité des mesures nécessaires ne sont pas connues, ce qui rend difficile toute appréciation du niveau de protection des rizières. Néanmoins, la densité des réalisations même sur l'A1 semble encore faible pour réduire efficacement l'ensablement du périmètre.
Les mesures agronomiques réduisent certainement l'érosion et contribuent à l'amélioration des sols. Mais les superficies traitées et le nombre d'exploitations bénéficiaires sont encore trop réduites pour avoir un impact sensible. Le potentiel d'augmentation des rendements des mesures n'est pas encore connu.

Recommandations :

Il serait utile de faire une estimation des nombres de sites d'érosion à traiter afin de pouvoir apprécier l'envergure des travaux nécessaires.

4. LA GESTION

Au niveau de l'UC et des antennes, la mise en œuvre du programme est bien gérée. Notamment les réunions trimestrielles de l'UC avec les responsables des antennes représentent un dispositif très approprié. Le nombre élevé d'agents féminins est un atout important de l'équipe PLAE. L'UC répond aux exigences par rapport à la qualité et aux échéances des rapports périodiques.
Jusqu'au 30 juin 2007, 45% du budget total pour la phase actuelle ont été dépensés. Bien que le taux de réalisation des différentes lignes budgétaires varie entre 19 et 95%, le rythme des dépenses est justifié. Presque 98% des dépenses ont été financées par la KfW (contribution prévue 85%) à cause du fait que seulement 6,7% du budget RPI ont été décaissés jusqu'à maintenant. Cet état des choses risque de réduire la période de mise en œuvre du programme.
La gestion financière est efficace et est conforme aux réglementations de l'administration nationale et de la KfW, fait confirmé par les audits externes réalisés annuellement et la mission de contrôle d'un responsable de la KfW en février 2007.
La fréquence des rapports demandés par le MAEP (rapports mensuels, trimestriels et annuels) représente une charge lourde pour l'UC. A cause des procédures mensuelles de régularisation des dépenses subventions (présentation des pièces justificatives en trois co¬pies !), un aide comptable a dû être employé par l'UC. Les raisons d'un suivi tellement rapproché et détaillé par l'institution de tutelle n'est que difficilement compréhensible pour la Mission.
Le PLAE dispose d'un système de suivi détaillé des activités avec une base de données performante. Le système actuel de suivi des impacts physiques risque de ne pas répondre entièrement aux nécessités de gestion (suivi satellitaire des feux de brousse incertain, suivi de la sédimentation non fonctionnel). La structuration et l'agrégation des données dans les tableaux de bord peuvent s'améliorer.

Recommandations :

Notamment avec la mise en place de deux antennes supplémentaires en 2008, la position hiérarchique du Chargé des Activités Techniques (CAT) qui est placé actuellement au même niveau que les CE des antennes, posera un problème dans la ligne de commande. Afin d'assurer la qualité des réalisations au niveau des antennes, il serait important qu'il assume plutôt les fonctions d'un directeur technique que d'un conseiller tel qu'il l'est dans la situation actuelle.

Vu l'augmentation du volume de travail liée à la coordination des activités et à l'appui renforcé aux nouvelles antennes et vu le fait que les compétences des équipes PLAE dans le domaine du développement organisationnel des OP ne sont pas encore bien développées, la mission recommande de créer un nouveau poste au niveau de l'UC (responsable pour l'appui aux OP).

Du fait de la mise en place d'autres antennes, l'appui à la capitalisation des expériences et les réflexions et discussions à mener dans le cadre de l'intégration du PLAE