Le PLAE avait demand une valuation mi-parcours. La mission de trois consultants indépendants sest droule du 27 aot au 19 septembre 2007 au bureau de l'Unité de Coordination, au Centre de Formation et dans les trois antennes de Marovoay, Soavina et Bezaha. L'équipe tait compose de M. Harald Lang. M. Dieter Nill, Mme Zoary Rafransoa et accompagne de M. Olivier Andrianasolo, point focal du PLAE auprs du MAEP. Des entretiens ont été menés avec les diffrentes équipes du programme, les groupes cibles sur le terrain ainsi quavec les différents partenaires nationaux et internationaux du programme au niveau national et régional. Les résultats ont été restitus dans les trois antennes et lors des restitutions la fin de la mission l'équipe dirigeante et au MAEP. Les consultants remercient l'équipe du PLAE et les différents partenaires pour leur disponibilité et les entretiens ouverts et constructifs.
La référence de base pour la Mission d'Evaluation a
été la planification conceptuelle du programme élaborée fin 2004 pour la période
2005 à 2009 et documentée dans
un cadre logique.
La stratégie d'intervention du PLAE suit une chaîne de
retombées claire et cohérente :
Par l'appui du programme à la réalisation des mesures
LAE, à l'amélioration des pratiques culturales agricoles et pastorales, à la Sécurisation
Foncière Relative (SFR)
et au développement des organisations paysannes (OP) ainsi que par
l'institutionnalisation
et la diffusion de l'approche et l'extension des zones d'intervention
(Résultats attendus),
les populations concernées aménagent les SBV de façon
durable (Objectif du Projet) pour assurer
l'exploitation pérenne des principaux périmètres
irrigués (Objectif global).
A partir de cette planification conceptuelle, une planification opérationnelle
pluriannuelle (2005 – 2009)
a été élaborée qui sert de base pour l'élaboration
des Plans de Travail annuels (PTA) au niveau de l'Unité de
Coordination (UC), le Centre de Formation (CF) et des équipes dans
les zones d'intervention (antennes).
Le cadre logique ainsi établi à partir de cette stratégie
présente des résultats
qui ont été élaborés sur la base des situations
vécues dans l'antenne 1.
Ainsi la planification opérationnelle de la première antenne
à Marovoay,
a été répliquée presque de façon schématique
dans les plans d'opérations
pluriannuels des antennes créées respectivement à Soavina
et Bezaha en 2005 et 2006,
avec une répartition des indicateurs quelquefois différente
avec la réalité de chaque antenne :
il en découle une adaptation insuffisante de la planification aux
spécificités agro-écologiques
des antennes.
Par ailleurs, la planification oriente déjà le programme sur
une approche
communautaire qui n'est pas forcément appropriée pour
toutes les situations.
Les objectifs et la démarche adoptée par le PLAE sont en cohérence avec les différentes politiques nationales liées au développement rural en général, et la gestion des ressources naturelles en particulier. Cette cohérence est évidente notamment avec les visions et politiques suivantes :
L'approche participative préconisée par le programme pour la mise en œuvre de ses activités se heurte à deux niveaux de contraintes :
Ce dilemme se manifeste différemment suivant les antennes actuelles,
mais freine les activités surtout dans l'antenne de Marovoay.
Par ailleurs, la Mission a eu l'impression que l'approche participative
à tendance très communautaire dans son application accentue
encore ce dilemme. De l'autre côté, l'approche
participative est un élément essentiel pour la pérennisation
des actions et la durabilité des acquis.
Afin de stimuler la motivation des populations, des mesures d'incitation
(notamment la construction ou réhabilitation des puits) sont réalisées.
Ces investissements sont coûteux, mais répondent à des
intérêts fondamentaux des populations, notamment des femmes.
La mobilisation d'une participation de 30% exigée par le PLAE,
pose parfois des difficultés.
En outre, le PLAE doit suivre, et, le cas échéant, appuyer
la gestion des investissements incitatifs. Il est vrai que ces mesures d'incitation
créent des bénéfices directs pour les communautés,
mais ont ses limites pour résoudre la problématique de l'approche
participative mentionnée ci-avant.
La plupart des indicateurs quantitatifs du résultat 1 pour la première
phase 2005 – 2009 ont été atteints et dépassés.
Seulement ceux des nouveaux sites d'A1 restent inférieurs aux prévisions
(20% d'atteinte des cibles pour la phase).
Le paquet des techniques physiques et biologiques LAE du PLAE permet d'arrêter
l'érosion linéaire (ravins, lavaka) et en nappe d'une façon
efficace. Il est appliqué avec une bonne technicité par les
Structures LAE avec le support des équipes des antennes. Cette technicité
est améliorée continuellement par les experts qualifiés
de l'Unité de coordination (UC).
L'approche du PLAE d'élaborer d'abord des plans de travail annuel
avec les Structures LAE est appropriée pour démarrer les activités.
Avec l'évolution des connaissances des Structures LAE l'élaboration
par la suite d'une planification de gestion de terroir avec des interactions
des groupes concernés est une suite logique.
Les travaux sont effectués par 183 Structures LAE qui ont été
initiés ou qui existaient déjà (A1 : 120 Structures
LAE dont 97 anciens, A2 : 47 Structures LAE, A3 : 16 Structures LAE).
Le reboisement qui fait partie des mesures LAE est une activité très appréciée dans les trois antennes. Actuellement 290 ha ont été reboisés dans des sites d'érosion. Une diversité d'arbres est activement promue et vulgarisée aux Structures LAE qui traditionnellement préfèrent une plantation uniforme d'eucalyptus. Les pépinières sont mises en place par les Structures LAE dès la première année. L'applicabilité de la démarche communautaire n'est pas vérifiée dans tous les cas (plutôt dans le contexte collectivités).
La diffusion d'arbres fruitiers a aussi commencé en promouvant le greffage. L'objectif des arbres fruitiers n'est pas directement lié à la LAE mais est un facteur motivant, car ils répondent aux priorités des femmes.
La collaboration avec des écoles dans la LAE est prometteuse et les réalisations sont utilisées pour l'éducation environnementale.
Le programme intervient dans la sensibilisation contre les feux de brousse avec les communes et districts par radio.
L'approche PLAE semble fortement concentrée sur la lutte contre l'érosion en (i) identifiant les dégâts dans les rizières, (ii) cherchant les causes en amont et (iii) amenant des Structures LAE sur les sites en amont. Cette approche cause parfois une faible motivation des groupes de contact pour s'engager dans des situations sans bénéfices directs individuels (notamment A1, à voir en A3). L'éloignement des sites des lieux d'habitation, la démarche communautaire et le bénéfice peu direct limite l'adhésion des paysan(ne)s. Pourtant dans la plupart des cas, l'intérêt et l'adhésion sont liés aux effets directement visibles sur l'érosion, dès la première campagne. A l'antenne 2, quelques résultats extraordinaires ont été obtenus pour les mesures LAE, aussi bien en terme d'adaptation par la population de leur système d'entraide pour les travaux communautaires qu'en terme d'application de mesures LAE en taches d'huile.
L'approche tripartite en LAE - considéré incitative par l'équipe - limite les travaux LAE de grande envergure, mais sans bénéfices individuels à cause de l'exigence d'une participation de 30%.
Le transfert des connaissances en LAE se limite actuellement aux techniques simples (fascines, fossés, plantation des plants en courbe de niveau). Les techniques plus complexes ne font pas encore partie des formations.
Les actions de lutte contre les feux de brousse qui détruisent - notamment en A1 - parfois les aménagements et reboisements ne sont pas encore efficaces.
La collaboration avec les services techniques est très limitée à cause de l'insuffisance de ressources humaines à leur niveau.
Afin de renforcer la motivation des groupes et les impacts directs sur les ménages sans abandonner les objectifs de la démarche participative (qui ne veut pas forcément dire démarche communautaire), l'approche de sélection des sites et d'instauration des Groupes de Contact peut être adaptée davantage : (i) identifier les dégâts dans les rizières, (ii) identifier les sites causant l'érosion, identifier les groupes dans les environs et identifier un maximum de bénéfices individuels qu'on peut créer tout en luttant contre l'érosion. Les bénéfices directs individuels deviennent le premier facteur de motivation. La protection des rizières peut devenir l'objectif secondaire pour quelques groupes loin des rizières ou sans parcelles dans la rizière. L'aspect communautaire en ressortira plus naturellement lorsque les paysans auront adhéré collectivement aux travaux de la LAE avec bénéfice individuel. Une illustration de l'approche dans différentes situations est jointe en annexe. La sécurisation foncière individuelle est l'élément incitatif important dans tous les efforts.
Il est proposé de former quelques membres des groupes de contact comme aménagistes spécialisés connaissant toutes les techniques, y inclus la récupération des ravins et lavaka.
Afin de permettre plus de grands travaux LAE, l'approche tripartite dans la LAE peut être transformée dans une approche où le PLAE fournit la main d'œuvre qualifiée (aménagistes, ingénieurs) et les Structures LAE la main d'œuvre non-qualifié sous conditions HIMO contre paiement de 2/3 d'un taux journalier. La condition de « participation » sera ainsi respectée. Cette approche peut s'appliquer dans des situations d'intérêt public et permettra une intensification des travaux LAE d'envergure plus importante.
Il est proposé d'encourager davantage les groupes dans la lutte contre les feux de brousse organisée autour des reboisements par la formation des membres en lutte contre les incendies, par la vulgarisation des techniques de contre-feux précoce et des pare-feux ainsi que par une dotation de matériel nécessaire.
Une réflexion sur un renforcement de l'efficacité des travaux LAE, la motivation et la responsabilisation des groupes par une dotation en équipement plus généreuse devrait également être menée.
Les mesures agronomiques et pastorales ont une importance différente pour les trois antennes. L'élevage est très important pour les antennes A1 et A3. Les cultures pluviales sont importantes dans l'A2. A Bezaha (A3), les parcelles rizicoles irriguées sur colline auprès des sources prennent une importance du fait de la diminution des rizières disponibles dans la vallée et de l'ensablement des champs pluviaux sur Baiboho.
65 Paysans Pilotes (PP) avec 21 ha de sites de démonstration ont été formés et collaborent avec le PLAE dans les trois antennes. Les mesures introduites auparavant sont les haies vives en courbes de niveau, les fossés d'infiltration, les billons cloisonnées et le paillage.
Depuis un an, le PLAE collabore avec le GSDM sur l'introduction du
système SCV et 12 sites test ont été installés
dans les antennes A1 et A2. Le système SCV promet une option valable
à moyen et long-terme pour une partie des exploitations sur tanety.
Les visites d'échanges effectuées avec les PP et les
membres des Structures LAE sont une mesure efficace pour introduire des
nouvelles techniques.
Sur 900 ha de pâturages, une gestion améliorée a commencé dans l'A1 et 800 ha ont été identifiés dans l'A3. Dans l'A2, les zones de pâturages communautaires n'existent pas traditionnellement.
Les potentialités de diffusion à travers l'approche des parcelles de démonstration semblent limitées et le système SCV comme système cultural ne permet pas une diffusion rapide sur des superficies importantes. Le phénomène de tache d'huile attendu et préconisé par la démarche aurait du mal à prendre car son introduction demande une équipe technique très performante, des investissements initiaux côté paysans et une période d'installation de 2 à 3 ans avant que les effets sensibles se développent. Les tests entrepris par le PLAE ne permettent pas encore la distinction d'un système entier performant et adaptés aux conditions écologiques des antennes.
Une difficulté est ressentie par rapport à la gestion des aires de pâturages dans les antennes 1 (aire de transhumance) et 3 (aire de pâturage local), car ces aires sont éloignées, insécurisées et quelquefois appropriées individuellement. La boîte à outils pour la gestion complexe des pâturages est encore peu développée et l'insécurité dans A1 et A3 limitent les interventions dans ce cadre.
La collaboration intensive indiquée dans la planification avec les services techniques MAEP reste à un niveau relationnel néanmoins important, du fait de leurs moyens de fonctionnement très limités (humains, financiers).












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