PLAE Mahajanga Programme de Lutte Antiérosive Valorisation du potentiel de Jatropha curcaset les possibilités d'intégration de cette plante dans la LAE
par
Reinhard K. Henning, baganí,
Rothkreuz 11, D-88138 Weißensberg, Allemagne,
Tel: +49 8389 984 129, e-mail: henning@bagani.de
et
Tianasoa Ramorafeno, Green Island Association,
Logement 974 Cité 67 Ha Nord Ouest, Antananarivo Madagascar,
Tél: +261 33 11 210 56;
e-mail:
association.green.island@caramail.com,
Lindau/B, Allemagne, décembre 2005
1. Le PLAE
Le projet se définit comme un appui à l'auto organisation
des acteurs de la gestion des petits
bassins versants.
Un changement de concept important dans la mise en oeuvre de la Lutte Antiérosive
est à la
base de la création du projet Il a développé un changement
de l'attitude des populations
intéressées. Le partenaire avait jusqu'à présent
un comportement trop passif, il s'est
transformé actuellement en acteur responsable de ses interventions
et de son pouvoir dans la
gestion des bassins versants. La prise en charge par les populations de
la diffusion des
techniques acquises est réelle. L'autonomisation des structures
villageoises et leur
formalisation sont en cours pour qu'elles prennent entièrement
en main l'exécution des
mesures de Lutte Antiérosive.
Les partenaires et l'équipe du projet utilisent de nombreuses
idées provenant du
développement participatif, de la recherche-action et autres méthodes,
mais ils cherchent
surtout à mettre en pratique les procédés et instruments
répondant le mieux possible aux
situations, aux conditions sociales ou techniques rencontrées dans
leur environnement
immédiat en veillant surtout que l'appropriation par les populations
soit assurée pour le long
terme.
L'expérience du projet est récente, 1998-2004, elle
est cependant convaincante et ses résultats
sont prometteurs puisque le bailleur de fonds et le partenaire malgache
en ont décidé l'élargissement à d'autres régions
du pays.
2. La mission
2.1 Participants de la mission
Mlle Nicole Deparade, PLAE, stagiaire, Allemagne
Mlle Nicole a fait un stage au PLAE de Marovoay et elle a accompagné
la mission pour
mieux connaître le développement rural à Madagascar.
Elle a écrit le chapitre sur l'utilisation
traditionnelle du Jatropha.
M. Reinhard Henning, baganí, consultant de la mission, Allemagne
M. Henning est chef de la mission. Il a travaillé sur le thème
Jatropha depuis 1987, dans des
projets de la Coopération Allemande et comme consultant indépendant.
M. Tianasoa Ramorafeno, Green Island Association, co-consultant de la mission,
Madagascar
M. Tiana est ingénieur mécanique de formation. Il a participé
à la mission en tant que
consultant national
2.2 Déroulement de la mission
2.2.1 Achat de la presse à main à Arusha, en Tanzanie
Pendant la préparation de la mission, on a constaté, qu'il
n'y a pas de presse appropriée pour
extraire l'huile de Jatropha.
La proposition, d'amener une presse de la Tanzanie, était
approuvée par les responsables du
projet PLAE à Mahajanga. Donc en partant vers Antananarivo, M. Henning
a fait escale à
Arusha, Tanzanie, pour acheter une presse Bielenberg de la firme KAKUTE
et de l'amener au
projet PLAE.
En plus de la presse, M. Henning a aussi amené deux lampes à
huile de Jatropha et un
réchaud.
Tout le matériel était prévue pour la démonstration
à l'atelier à Marovoay (voir point 6).
2.2.2 Mission à Madagascar
Après prise de contact avec le co-consultant de l'Association
Green Island, des visites de courtoisie ont été faites à
l'ambassade Allemande, à la GTZ et au Ministère de l'Agriculture,
de l'Elevage et Pêche (MAEP).

2. Madagascar
Madagascar est un état insulaire de l'Océan Indien,
situé en moyenne à 700 km au large du
Mozambique. C'est la quatrième île au monde par sa
superficie (590 000 km²) après le
Groenland, la Nouvelle Guinée et Bornéo. Madagascar s'étend
du nord au sud sur 1600 km, entre le 10è et le 26è parallèle
sud et d'est en ouest sur une largeur moyenne de 500 km entre le
40è et le 50è méridien est. Malgré sa superficie,
Madagascar reste peu peuplé : 15,8 millions d'habitants (FNUAP,
Etat de la population mondiale 1997). Ceci représente une densité
moyenne de 26,78 habitants au km², chiffre qui ne révèle
pas la grande disparité régionale. Il existe de vastes espaces
faiblement occupés dus aux conditions physiques peu favorables.
On peut voir aussi des zones de fortes concentrations correspondant à
des régions plus fertiles et à fortes potentialités
telles que les espaces agricoles et producteurs du Nord Ouest.


3. Situation du Jatropha à Madagascar
3.1 Jatropha curcas et Jatropha mahafaliensis
Cette photo montre une plante de Jatropha curcas au bordde la RN7 à
la ville de Sakaraha en novembre 2005. Jatropha curcas est connu par la
population rurale dans tout le pays. La plante est utilisée en
forme de haie de protection autour des jardins et comme haie de limitation
des terrains, parce qu'elle n'est pas broutée par les animaux.
Les graines contiennent une huile non comestible. Elle est utilisée
traditionnellement comme produit médicinal (contre
les maladies de la peau – gale) et cosmétique (savon, cheveux).
Jatropha curcas est utilisé au nord de l'île comme
tuteur de vanille, une pratique qu'on trouve aussi dans d'autres
pays
(Iles de Comores, Papoua Nouvelle Guinée, Uganda, Tanzanie). L'huile
est vendue pour une somme de 1500 Ariary le litre et c'est surtout
utilisé comme produit cosmétique pour les cheveux. Lors
de notre passage à Ambalavao, le prix pour un litre d'huile
était 1500 Ariary (novembre 05).
Cette photo à gauche montre une plante de Jatropha mahafaliensis au bord de la RN7 proche de Toliara. J. mahafaliensis est une espèce endémique de Madagascar et on trouve des grands nombres de cette plante (voir Annexe III) surtout au sud-ouest de Madagascar sur des sols calcaires. L'utilisation de la plante par la population rurale est la même que celle de Jatropha curcas.
3.2 Propriétés de Jatropha pour être utile dans la lutte antiérosive
3.2.1 Définition du projet
« Le projet PLAE se définit comme un appui à l'auto
organisation des acteurs de la gestion des petits bassins versants.
Un changement de concept important dans la mise en oeuvre de la Lutte
Antiérosive est à la base de la création du projet,
il a développé des modifications dans l'attitude des
populations intéressées. Le partenaire avait jusqu'à
présent un comportement trop passif, il s'est transformé
actuellement en acteur responsable de ses interventions et de son pouvoir
dans la gestion des bassins versants. La prise en charge par les populations
de la diffusion des acquis techniques est réelle. L'autonomisation
des structures villageoises et leur formalisation sont en cours pour qu'elles
prennent entièrement en main l'exécution des mesures
de Lutte Antiérosive.
Une question qualitative a été posée aux focus groups
communaux concernant l'importance de l'ensablement des rizières
dans leur commune. Seulement 24% des communes ont trouvé que l'ensablement
ne constituait pas un problème important (Tableau 4). Ce problème
est ‘très important' ou ‘important' pour
45% des communes. Les provinces de Toliara et d'Antsiranana ont le moins
de problème. »
La plante Jatropha curcas peut jouer un rôle important dans cette
lutte anti-érosive, à cause de certaines propriétés
de la plante.
3.2.2 Résistance aux saisons sèches prolongées
Les plantes à partir des graines sont plus résistantes contre
la sécheresse que les plantes à partir des boutures, parce
qu'elles ont développé une racine pivotante très profonde,
qui assure la prolifération de l'eau de la profondeur du sol.
En plus la plante est bien protégée contre l'évaporation
d'eau. Les feuilles et les branches sont couvertes par une couche de wax,
qui réduit l'évaporation énormément. P. ex.
les boutures, qui sont coupées pendant la saison sèche, pourrissent
avant de sécher.
En plus, pendant la saison sèche, normalement des feuilles tombent
pour réduire l'évaporation.
Les plantes à partir des boutures ne développent pas des racines
pivotantes, donc c'est mieux de planter du Jatropha à partir des
graines pour que les plants résistent mieux contre la sécheresse
prolongée.
3.2.3 Racine principale profonde et racines latérales proche de la surface
En plus de la racine pivotante, la plante Jatropha curcas développe des racines latérales, qui sont proches de la surface et peuvent servir pour fixer le sol (p. ex. des diguettes).
3.2.4 Résistance au feu de brousse
Les plantes de l'espèce Jatropha curcas sont des plantes
succulentes, c. à d. qu'elles contiennent beaucoup d'eau.
Quand le feu de brousse passe sur la plante, une partie de la plante est
détruite, mais à cause de l'eau contenue dans la plante,
elle résiste au feu. Et parce que la plante repousse très
vite, elle va résister au prochain feu de brousse.
Bien plantée, une haie de Jatropha curcas peut bien servir comme
pare feu (voir recommandations, point 7.4).
3.3 Utilisation industrielle du Jatropha
Dans les villes de Toliara et de Mahajanga il y a des industries de la production du savon, qui utilisent aussi l'huile de Jatropha. Dans les années 1980, une firme à Toliara a fait des campagnes d'achats pour des graines de Jatropha. Mais cette activité est réduite.<
3.4 Production et utilisation traditionnelles et locales du Jatropha
3.4.1 Plantation traditionnelle
Traditionnellement Jatropha curcas (nom local : savoa) est planté seulement en forme de haies de protection et comme limitation dans des villages.
3.4.2 Extraction traditionnelle
Traditionnellement les graines sont décortiquées, torréfiées
et pilées. Ensuite le matériel est bouilli avec de l'eau
jusqu'à ce que l'huile surnage à la surface. Avec
des plumes cette huile est triée et est stockée dans des
bouteilles. La cuisson et le trie sont répétés.
Les déchets obtenus lors de la fabrication de l'huile sont
mélangés avec de la boue et autres matières organiques
pour fertiliser les cultures (voir à gauche).
3.4.3 Utilisation traditionnelle (par Nicole Deparade, stagiaire au PLAE de Marovoay)
3.4.3.1 Utilisation de la plante- Utilisation comme clôture (parc de nuit pour les animaux, autour
de la maison, autour des champs)
- Tuteur pour la vanille (voir photo à gauche)
- Les feuilles sont utilisées comme infusion antiseptique p. ex.
après un accouchement
- Le latex est utilisé pour le traitement de maux de dents
- Les racines, en les faisant cuire, sont utilisées pour faire
un thé qui sert à lutter contre la fatigue.
- Les graines sont décortiquées et reliés par un fil. Les graines ainsi enfilées s'utilisent comme une bougie.
3.4.3.3 Utilisation de l'huile- L'huile produite par un processus très pénible (voir 3.4.2.) est utilisée comme produit cosmétique pour nettoyer et soigner les cheveux.
-L'huile est aussi utilisée pour la production du savon traditionnel (avec l'extrait de la cendre à la place de la soude caustique).
3.5 Activités des différentes organisations en Jatropha
3.5.1 Organisations nationales
3.5.1.1 SNGF (Silo National des Graines Forestiers)Le SNGF a conduit une étude sur la densité du Jatropha à Madagascar sur la demande de BAMEX. Ils achètent des graines de Jatropha curcas pour environ 600 à 800 Ar le kg et les vendent pour 5000 Ar le kg. Ils ont un stock environ de 1000 kg. L'étude n'est pas encore disponible.
3.5.2 Organisations industrielles
La production industrielle du Jatropha á grande échelle a beaucoup de désavantages. Pour cette raison, cette étude propose une production d'huile de Jatropha à petite échelle et décentralisée.
Les désavantages de la production industrielle sont :
- La récolte de graines de Jatropha nécessite beaucoup de
main-d'oeuvre. Là ou de vastes surfaces sont disponibles, des ouvriers
manquent;
- Pour garder la fertilité du sol, le tourteau (après l'extraction
de l'huile) doit être retourné grandes (coûts
de transport) ;
- Il est important, que les paysans peuvent utiliser l'huile eux-mêmes.
Dans ce cas, ils peuvent vendre un surplus de l'huile pour avoir
des revenues cash. Une certaine quantité de l'huile est pour
leur propre besoin ;
- Une production du Jatropha à grande échelle risque de
mettre les paysans en dépendance du projet. Ils peuvent seulement
collecter des graines et les vendre au propriétaire de la plantation,
mais ils ne peuvent pas utiliser une partie pour leur propre besoin ;
- Des plantations à grande échelle seront établies
dans la plaine (pour utiliser des machines). Dans ce cas le rôle
antiérosif de Jatropha est minime. Quand les paysans plantent le
Jatropha eux-mêmes, ils vont le planter d'une telle façon,
que la propriété antiérosive de la plante peut être
utilisée au maximum.
D1 est une société britannique qui travaille sur la transformation de l'huile végétale en biodiesel dans beaucoup des pays tropicaux. A Madagascar elle a choisi 4 zones d'intervention : Mahajanga, Vakinankaratra, Ambatondrazaka et Fianarantsoa. Elle est en collaboration avec BAMEX, GREEN, ERI (tous les trois appuyés par USAID). L'approche de D1 est d'établir des contrats avec les paysans pour l'achat des graines de Jatropha en grandes quantités. Elle prête assistance techniques aux paysans et aide les paysans sur la mise en place des pépinières et des plantations du Jatropha. Dans les contrats, les paysans s'engagent à vendre des graines avec une quantité minimale à atteindre et de les vendre à un prix préétabli mais qui est susceptible d'être modifié suivant les circonstances.
L´installation d´une unité de transformation d´huile
de Jatropha en biodiesel sera effective lorsqu'on aura atteint une superficie
de plantation de 5 000 ha. D1 va exporter leur produit jusqu´à
ce que l´unité de transformation en biodiesel soit mise en
place. D´après l´information qu'on a eu des responsables,
à Fianarantsoa les paysans n'ont pas encore signé le contrat,
ils sont encore en cours de négociation tandis qu'à Mahajanga
quelques associations paysannes et sociétés privées
ont signé le contrat. Le prix proposé par D1 semble très
bas aux paysans, c´est la raison pour laquelle les paysans hésitent
à signer les contrats : un contrat qui durera dix ans.
3.5.3 Organisations du développement
3.5.3.1 ERI (Eco Regional Initiative)C'est un programme de développement rural de l'USAID.
Ce projet s'occupe surtout de la reforestation et de la protection
du corridor (bande de forêt primaire du coté est de l'île).
Pour ce but, le programme envisage la production de l'huile de Jatropha
décentralisée pour créer des nouvelles revenues pour
les paysans, pour qu'ils ne soient pas forcés de percer les
forêts protégées pour faire de l'agriculture.
ERI a créé beaucoup de pépinières pour fournir
les plants Jatropha aux paysans.
C'est un programme de l'USAID ( de la Coopération Américaine). Ils donnent l'appui à D1 pour la production de l'huile de Jatropha à grande échelle. P. ex. ils sont en train de tester des presses mécaniques (Tinytech) et la plantation de Jatropha dans de différentes zones climatiques.
3. 5.3.3 GREENC'est une organisation du BCI (Business Center Ivoharena), à Mahajanga. Elle s'occupe entre autres activités, de l'appui à un atelier métallique, avec la préparation des pépinières pour les plantations de Jatropha de D1.
3. 5.3.4 GreenMadC'est un projet de la Coopération Allemande qui s'occupe des énergies domestiques.
3.5.4 Organisations non gouvernementales (ONGs)
3.5.4.1 Green Island AssociationLa Green Island Association a été fondée en mai 2004. L´association travaille pour la promotion de l´énergie renouvelable tout en tenant compte de la protection de l´environnement et du développement rural. L´association est en collaboration avec l´université d´Hohenheim en Allemagne : Actuellement l´association a 3 sites pour la plantation de Jatropha qui se trouvent à savoir : Ankazobe et Asambotsy (province d´A











